Allocution d’ouverture de Didier Guilbaud

Président de l’Association des directeurs de bibliothèques départementales de prêt

M. le représentant du Directeur du Livre et de la lecture,
M Le Vice-Président du Conseil Général de la Somme
Monsieur le Doyen de l’ Inspection Générale,
Mmes et Messieurs les Inspecteurs Généraux,
Mme la conseillère pour le livre et la lecture
M. le Vice-Président de la FNCC
Mesdames, Messieurs, Chers amis,

Je souhaite dédier ces journées d’études à Martine Blanchard, présidente de l’ ADBDP de 1997 à 2001, et qui nous a quittés le 20 février dernier des suites de sa maladie. Nous rendrons hommage en fin d’après-midi à Martine, mais je voudrais lui dire ici combien elle nous manque, plus particulièrement lors de ces journées d’étude, qui au-delà du travail que nous accomplissons pour la profession sont des moments de rencontre et de joie partagées entre nous tous.

Nous sommes donc aujourd’hui à Amiens, à l’invitation de la BDP de la Somme et du Conseil général, et je ne cacherai pas mon bonheur de vous retrouver toutes et tous autour d’Hervé Roberti, qui a patiemment, admirablement et malicieusement préparé ces journées avec son équipe.Qu’il en soit dès à présent remercié ainsi que M. le Président du Conseil général de la Somme qui nous accueille ici sur son territoire et qui est représenté par M. Cheval, vice-président. M. le président devrait nous rencontrer demain à l’hôtel du département.

Ces journées d’étude seront aussi l’occasion de fêter le 60ème anniversaire de l’ordonnance de 1945 (lien à créer vers /outils/histoire/ordonnance1945.htm), à 3 jours près, ordonnance qui créait les 8 premières BCP, dont nos établissements - décentralisés en 1986 - sont aujourd’hui les héritiers.

Mais introduire nos journées d’études c’est aussi l’occasion de jeter un regard sur l’année passée, et de dialoguer avec nos partenaires institutionnels, l’occasion de signaler l’activité de ceux qui ont œuvré pour le développement de la lecture dans nos départements. M. Yvert, le nouveau directeur du livre et de la lecture n’a pu se rendre aujourd’hui à Amiens, retenu par une réunion sur " la bibliothèque numérique européenne ", mais Thierry Grognet, chef de Département à la DLL engagera le dialogue avec nous après ces quelques propos, et je le remercie d’être présent (à nouveau) parmi nous.

Dans ce propos qui se veut chaque année à la fois prospectif et politique, je voudrais vous faire part de nos inquiétudes dans le contexte politique général.

J’avais dit l’an passé combien nous avions apprécié en son temps que les bibliothèques du milieu rural réapparaissaient dans les discours ministériels après de longues années d’absence. Et je m’étais posé la question de savoir s’il s’agissait d’une embellie provisoire ou bien d’un ancrage réel dans la réalité de la lecture des territoires ruraux.

Il y a belle lurette que nous avons coupé le cordon avec le ministère de la Culture, qui demeure néanmoins un pôle de référence et de soutien dans nos activités mais le contexte général lié à la nouvelle décentralisation n’est pas là pour nous rassurer. Deux faits nous interpellent :

  • la disparition du Conseil supérieur des bibliothèques. Nous avions bien vu et mesuré combien il était difficile de remettre en selle cet outil indispensable à la vie des bibliothèques, en particulier en raison du peu d’intérêt marqué par les élus pour cet organisme. Néanmoins nous considérons, comme nous l’avons déclaré, le caractère incontournable de cet organisme dont l’absence pèse sur la reflexion dans le domaine du livre et de la lecture.
  • la mise en place de la nouvelle décentralisation, qui se passe dans un contexte budgétaire difficile. Car, si à l’époque de la première décentralisation nous avions pu bénéficier d’un concours financier à la hauteur des charges nouvelles qui incombaient aux conseils généraux, il n’en est pas de même aujourd’hui. La pression financière est lourde sur les conseils généraux et risque à court terme de déséquilibrer, par voie de conséquence, nos établissements dans les départements.

Dans le chapitre de ce qui ne va pas, je pourrai aussi reprendre presque mot pour mot ce que nous déclarions l’an passé concernant la loi sur le droit d’auteur et les droits voisins dans la société de l’information et réaffirmer une nouvelle fois notre profond désaccord sur le projet de qui doit passer au Parlement le 10 décembre prochain. Cette loi, contradictoire avec l’esprit du libéralisme fait la part belle aux ayant tous les droits au dépens de l’usager ordinaire des bibliothèques. Malgré la mobilisation interprofessionnelle, malgré la mobilisation de nombreux élus, nous avons le sentiment que le ministère de la Culture reste un bloc fermé à la négociation sur les enjeux de cette loi dans les établissements de lecture publique.

Où en est-on également de la loi sur les bibliothèques ? Loi qui pourrait requalifier les missions des uns et des autres en matière de lecture publique - à l’image de la Charte des bibliothèques élaborée en 1991 (lien à créer vers outils/droit/chartebib.htm) par le Conseil supérieur des bibliothèques - ainsi que le contrôle technique indispensable de l’Inspection générale des bibliothèques.

Mais que tout le monde soit rassuré au moins sur un point : malgré des charges de travail de plus en plus lourdes dans nos bibliothèques, malgré des soucis gestionnaires de plus en plus nombreux qui handicapent notre fonctionnement, l’ADBDP poursuivra son activité avec pour objectif de dynamiser la lecture publique en France et plus particulièrement la lecture dans les territoires ruraux de nos départements.

Notre association n’a pas chômé cette année, que ce soit :

  • dans le domaine de l’informatique, l’actualité nous a conduits à organiser une nouvelle journée d’étude sur les logiciels libres en bibliothèque (lien à créer vers association/je2005informatique/) en avril dernier. Que Dominique Lahary et sa collaboratrice Victoria Courtois, ainsi que la Ville de Paris qui nous accueillait en soient ici remerciés,
  • dans le domaine de la formation grâce à l’important travail réalisé par le groupe formation sous la conduite de Françoise Hecquard, une journée d’étude consacrée à la formation (lien à créer vers association/je2005formation/) a pu avoir lieu en juin dernier à Annecy. Que Françoise pour le groupe Formation, et Marion [Duvigneau] qui nous accueillait à Annecy, en soit remerciées.
  • Merci encore à Dominique Lahary pour son activité intense auprès de l’interassociation pour tous les travaux concernant le projet de loi sur les droits d’auteur et droits voisins dans la société de l’information et à Daniel Legoff pour l’animation du site droitauteur.levillage.org.

Le thème de nos journées d’études de cette année est donc " le partenariat " sous le titre de " la Bibliothèque partenaire ". En effet peut-on encore aujourd’hui travailler seul ? La réponse est non, bien entendu. La BDP travaille à la fois dans un réseau général de bibliothèques publiques et participe à l’animation d’un réseau de bibliothèques en milieu rural, qui sont théoriquement nos partenaires, mais dont nous sommes plus souvent des prestataires. Cette notion reviendra d’ailleurs souvent dans les propos des uns et des autres au cours de ces journées. Mais la BDP, par les services qu’elle offre et par les enjeux de la Lecture publique se trouve de plus en plus au cœur de l’action avec d’autres institutions, d’autres établissements, d’autres services avec qui elle lie des relations au profit de ses propres missions et de celle de son partenaire. Car sans déflorer dès maintenant le sujet - et en reprenant une formule amie -
" Un partenaire, c’est un individu, une association, une collectivité locale, une institution avec lesquels la médiathèque construit des actions, transmet et reçoit de l’information. Chacun doit en tirer un bénéfice pour son action sans avoir à renoncer à ses missions mais en sachant adapter les objectifs et les moyens à l’action commune. "

Nos journées se déclineront donc en trois temps :

  • une première journée plus générale d’ouverture au thème du partenariat, dans le domaine social ou éducatif complété par un regard " théorique " sur le partenariat.
  • Notre deuxième journée consacrée en matinée aux ateliers que nous avions implantés dans nos journées d’étude en 2003 nous permettra d’explorer les initiatives partenariales dans nos territoires ; à faire de la prospective, en jetant un coup d’œil sur ce qui se passe à l’ étranger.
  • la dernière matinée nous permettra de recadrer les aspects juridiques des conventionnements et de conclure par quelques interrogations philosophiques les débats sur un thème qui ne pourra être épuisé en trois jours.

Aussi, en vous remerciant tous, une nouvelle fois, d’avoir choisi de venir à Amiens pour conclure notre partenariat, je déclare ouvertes ces journées d’étude 2005 de l’ADBDP.

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