La bibliothèque fait société : multiservices, nouveaux services

Synthèse de l’atelier 2 par Pascale Félizat-Chartier, directrice de la BDP de l’Eure-et-Loire

Une salle d’actualité gérée par la BDP : Françoise Danset, directrice de la BDP des Bouches-du-Rhône
Procurer un accès à des ressources électroniques en ligne aux bibliothèques rurales : Denis Llavori, directeur de la BDP du Cantal
Modérateur : Corinne Sonnier, directeur de la BDP des Vosges
Rapporteur : Pascale Félizat-Chartier, directrice de la BDP de l’Eure-et-Loir

 

Cet atelier a permis la présentation de deux expériences complémentaires qui ont permis la mise en place de nouveaux services et le développement de nouveaux publics.

Les services

La première expérience était celle la BDP des Bouches-du-Rhône qui a mis en place une salle d’actualité dans ce bâtiment qui nous accueille aujourd’hui. L’objectif visait à répondre à une demande des élus qui ne pouvaient concevoir ce nouvel équipement sans une ouverture au public. L’enjeu était également de réaliser une bonne insertion de ce nouveau bâtiment au sein du quartier, par son appropriation par ses habitants.

L’espace d’actualité a donc ouvert en juin 2006. Sa mise en œuvre a nécessité l’organisation d’un service et de son équipe : quatre personnes (2 cadres option documentation, un spécialiste NTIC et une personne plutôt tournée vers l’animation). Ce projet n’était pas prévu à l’origine : il était d’abord prévu un centre de documentation sur les pratiques artistiques amateures. Développé en cours de route, ce projet, s’est, pour ainsi dire, imposé de lui-même. Il n’y a pas eu de réelle formalisation, en lien avec notamment avec la BMVR de l’Alcazar. Le service, cependant, s’effectue sans concurrence avec cette médiathèque proche. Les quartiers marseillais, en effet, sont mal desservis par la BM.

Le deuxième projet nous a été présenté par la BDP du Cantal. Il s’agit du déploiement d’une offre de documents électroniques en ligne, dans un partenariat avec le consortium CAREL [1]. Le projet a démarré, lui aussi en juin 1986. Il s’est appuyé sur une volonté politique : le Cantal, département très rural, avait investi de longues dates sur le développement des NTIC pour désenclaver le territoire et réduire l’isolement des habitants (administration en ligne, cartable électronique, haut débit...). La BDP s’est donc adossée à cette politique pour présente ce nouveau service.

Les trois arguments majeurs sont les suivants :

  • rôle structurel des bibliothèques en tant que médiateurs entre les documents et le public, surtout au regard de la documentation électronique,
  • nouveauté de ce type de documentation dans les démarches actuelles d’accès aux savoirs,
  • la documentation électronique réunit trois qualités rares dans l’offre totale d’information : la sécurité de l’information, l’ergonomie et la mise à jour régulière.

Leur fonctionnement actuel

La salle d’actualité de la BDP des Bouches-du-Rhône accueille régulièrement du public. Deux postes Internet sont constamment occupés. De nombreuses personnes dont des jeunes viennent y travailler régulièrement. Les utilisateurs sont souvent des employés des bureaux avoisinants et du personnel interne au bâtiment lui-même. La salle offre de la presse (64 périodiques), des ouvrages de références, et surtout ce personnel dont j’ai fait mention. La salle est ouverte tous les jours de 11 heures à 18 heures, y compris le samedi matin, ce qui constitue une évolution notable par rapport aux habitudes de l’équipe de la BDP.

La BDP du Cantal offre aujourd’hui des bouquets de six ressources (Louvre Education, Planète Media, Vocal Press, Tout apprendre...). Ils ont été choisis pour être adressés aux jeunes dans un objectif prioritaire de formation. Cette offre est effectuée dans quatre bibliothèques tests qui ont été choisies pour leur influence extra communale. Ces ressources sont accessibles par l’intermédiaire d’une page d’accueil avec un numéro d’identifiant qui est lié au poste de consultation de la bibliothèque. Les bibliothèques qui peuvent bénéficier de ce service doivent offrir 0,07 m2 par habitant, 2 € de dépenses d’acquisition par habitant, 20 heures d’ouverture hebdomadaire, un salarié diplômé et, bien sûr des connections Internet. Le coût de l’opération est de 1559 € par bibliothèque. Le service doit être libre et gratuit pour le public. Certaines de ces conditions ont fait réagir les participants à l’atelier.

Quels développements pour l’avenir ?

Pour la BDP des Bouches-du-Rhône, il s’agit d’atteindre de nouveaux publics, en développant, notamment les relations avec les collèges. Il s’agit également de développer un laboratoire de langue en proposant des supports multimédias d’auto-formation.

Pour le Cantal, il est projeté détendre le service à 10 bibliothèques en 2007. A terme, ce sont 52 bibliothèques qui sont concernées par ce service. On touchera alors 56% de la population du département.

Dans les deux cas, ces nouveaux services répondent à des questions de formation et passent par une médiation efficace et donc par des personnels bien formés. La Bibliothèque Publique d’Information est un partenaire pour ces formations des bibliothécaires.

La salle a apporté deux compléments d’information à la présentation de ces eux expériences.

Olivier Chourrot du CAREL a précisé que la négociation de ces ressources électroniques avec les éditeurs restait encore dans un cadre informel. Il a souligné à quel point il attendait que les bibliothèques jouent le jeu de la clarté, c’est-à-dire, ne négocient pas avec les éditeurs sans en prévenir le CAREL. Il a également souhaité que les bibliothèques publiques jouent pleinement leur rôle dans le cadre de la formation tout au long de la vie [2].

Jacqueline Labelle, du Québec, a mentionné que le Cantal avait négocié commune par commune des droits d’accès. Elle précise qu’on peut négocier l’accès par volume d’habitants. Cette négociation a été ainsi menée pour l’Encyclopaedia Universalis, aujourd’hui ce sont donc 1 200 000 habitants qui bénéficient, au Québec, depuis chez eux, de ce service. Il s’agit d’une étape nouvelle qu’il paraît intéressant de franchir : on est vraiment dans l’accessibilité la plus grande, indépendamment même des horaires de la bibliothèque.
L’un des obstacles est la barrière psychologique des bibliothécaires eux-mêmes. Ils craignent d’offrir ces accès dont la conséquence serait de voir les usagers ne plus venir à la bibliothèque. L’expérience québécoise montre que les usagers continuent de fréquenter les bibliothèques.

Notes

[1] Quelques informations sur le Consortium CAREL :http://www.addnb.fr/article.php3 ?id_article=68 (note de l’éditeur).

[2] Sur cette question des bibliothèques et d’internet dans la formation permanente des personnes, O. Chourrot : Du métier de bibliothécaire à l’organisation apprenante, http://debatvirtuel.bpi.fr/ABF/papers/4/2/1#_2 (note de l’éditeur).

 

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