Atelier 1.2 : Le modèle intégré. La communauté de communes du Pays de Crussol

Présenté par Jacques Dubay, Maire d’Alboussière
Rapporteur : Laurent Ronsin-Ménerat, Directeur de la BDP du Morbihan

 

Je vais me livrer à l’exercice impossible qui consiste à résumer les propos d’un maire enthousiaste, qui est maintenant conseiller général, et qui a fait de la bibliothèque intercommunale du Pays de Crussol un exemple que certains d’entre vous ont certainement déjà été visitée. Il s’agit là d’une intégration complète, qui suscite beaucoup d’espoir... Mais il aurait fallu toute la faconde de ce maire à l’accent du midi, qui parle très bien de son pays et des parties de saucissonnade sur les banques de prêt, pour rendre la complète saveur de cet atelier.

La communauté de communes du Pays de Crussol se trouve en Ardèche, à une vingtaine de kilomètres de Valence. Elle est située dans une région où l’on exprime d’ailleurs les distances en temps de trajet, plutôt qu’en kilomètres : la communication routière n’y est pas très aisée. La communauté de communes regroupe sept communes et compte un total de 3500 habitants. La plus grosse des communes, dont Monsieur Dubay est le maire, compte 777 habitants ; la plus petite en compte à peu près 200.

Je propose ici une typologie des thèmes de son intervention :

Les raisons de se bouger
La trame de l’intercommunalité
Les moyens alloués
La politique suivie

Je terminerai sur un bréviaire des expressions et préconisation pour que cela fonctionne !

Les raisons de se bouger

La raison pour se bouger, il y a une dizaine d’années, étaient selon lui, d’éviter de finir en village dortoir de l’agglomération valentinoise qui comptait alors 150 000 habitants. Il devait donc se passer là, en dehors de la grande ville, quelque chose... Les maires locaux se sont donc donné la main pour tâcher de maîtriser leur développement, au-delà de l’eau et de l’assainissement. Surtout, pour proposer de nouveaux services en dehors des écoles et des commerces.

La trame de l’intercommunalité

En 1990 est élaboré un contrat de Pays au niveau régional... Trois convictions majeures vont guider la conduite du projet :

1. Le projet d’action culturelle doit être le projet numéro un de ce contrat. Selon M. Dubay, en effet, les premiers projets ont plus de chances d’aboutir que les derniers.
2. La conviction de base est que l’intercommunalité doit être vécue par tous les acteurs : elle doit remonter du terrain plutôt qu’être imposée.
3. Pour lever tout soupçon, il s’agit de ne pas tout regrouper au bourg centre et de développer une action de proximité dans chaque commune : ne laisser donc aucune commune, même la plus petite, en dehors ou à côté du projet. Le fait de doter chaque commune d’une bibliothèque a eu réellement un rôle euphorisant, nous a-t-il dit.

Les moyens alloués
Quand on veut, on peut...

C’est par ces mots que commence l’intervention sur les moyens. Pour trouver les moyens de l’investissement financier, il faut certes aller frapper à plusieurs portes. Cette démarche doit s’appuyer une volonté politique commune forte et affirmée.

Les investissements financiers ont été trouvés : ce projet d’intercommunalité a coûté 4,5 M de francs. Deux salariés à temps plein travaillent sur le réseau des bibliothèques qui ont réussi la carte unique. Un véhicule sera bientôt affecté à la navette des documents.

La philosophie du projet consiste également à faire sortir les bibliothèques de leurs murs... Il convient qu’elles aient une forte réactivité à l’évènement pour être de vrais outils de la vie locale : réaction au 11 septembre, participation à Lire en Fête, à des salons, présence sur les marchés... Il s’agit d’aller à la rencontre de l’ensemble des publics.
Tous les media sont disponibles (CD, DVD) dans toutes les bibliothèques.
La bibliothèque est également un lieu de convivialité où la charcuterie dont je parlais au début à toute sa place...

Les usagers ont suivi : on est passé de 10% de la population inscrite à la bibliothèque avant le projet, à plus de 30% aujourd’hui.

Le Bréviaire pour que cela fonctionne :

Si on veut imposer, on se plante... Chacun doit prendre le temps de la réflexion et de l’engagement.

L’inter-co doit toujours être présentée comme gagnant-gagnant, c’est-à-dire de façon positive, en insistant sur l’offre territoriale rééquilibrée.

Les emplois doivent absolument être pérennisés tant en professionnalisation qu’en formation. Ainsi, tous les bénévoles qui souhaitent se former peuvent le faire sans problème.

La modernisation de l’offre doit toujours être à l’ordre du jour.

La mise en réseau des bibliothèques doit englober d’autres services : des maisons de services sont donc accolées aux bibliothèques (technologies de l’information et de la communication). Ceci permet le brassage de différents publics.

Il est essentiel de clarifier les tâches de chacun... Il ne faut pas hésiter à conventionner.

La communauté de communes et de bibliothèques est intégrée dans un projet de développement local... et les communes ont gagné de la population.