Atelier 3.2 : Les territoires urbains et périurbains. Le syndicat d’agglomération nouvelle de Ouest-Provence (Bouches-du-Rhône)

Présenté par Yves Cruchet, Directeur de Médiathèque intercommunale Ouest Provence
Rapporteur : Dominique Lahary

 

L’agglomération Ouest Provence

Elle se trouve en bordure de l’Etang de Berre. Le noyau d’origine est constitué de trois communes, Istres, Fos et Miramas ; il a été rejoint par Grans, Cornillon-Confloux, Port-St-Louis-du-Rhône, des communes moyennes ou très petites. Ce regroupement rassemble aujourd’hui 93 000 habitants. Il s’agit, du point de vue administratif, d’un SAN (syndicat d’agglomération nouvelle) ; un SAN maintenu [1], oserais-je dire

La Médiathèque intercommunale

La Médiathèque intercommunale, qu’on dénomme simplement la Médiathèque, date de 1982 et comporte aujourd’hui six sites. Elle emploie 170 personnes. Quatre nouveaux sites sont en construction ou d’aménagement, ce qui portera la surface totale des locaux de 7 400 à 12 000 m2.
Quelques chiffres permettent de dresser rapidement un portrait de cet établissement :

  • 24 000 titres acqui par an,
  • 200 abonnements,
  • 160 000 prêts,
  • 22 000 lecteurs actifs, chiffre en progression (malgré la baisse tendancielle du taux national d’inscrits... mais ceci est dû à l’entrée de nouvelles communes).

L’organigramme

En 1991, la médiathèque intercommunale a été soumise à un audit qui concluait à la nécessité de revoir l’ensemble de l’organisation. Il était notamment proposé d’abolir la notion de direction de site.
Le résultat est un organigramme particulièrement impressionnant : aux côtés d’une direction et d’une direction adjointe, vous trouvez une direction de la politique documentaire, une direction du réseau et du développement et une direction administrative et technique.

La direction administrative et technique regroupe les services juridiques et financiers, les services techniques et espaces verts (mais oui, la médiathèque a ses propres services d’espaces verts), un service du personnel et un secrétariat central auquel sont rattachés des secrétariats de sites.

Le réseau est administré par des correspondants de site. On dit bien des correspondants, et non pas des directeurs ou des responsables. Il n’y a pas en effet de notion de hiérarchie au sein de chacun des sites.

L’ensemble de la bureaucratie fonctionne sans papier, dans la mesure où tous les postes sont en connectés à un intranet.

Il y a enfin un service des relations publiques et de l’action culturelle et un service informatique, bien sûr.

Toute l’organisation de l’équipement découle de la politique documentaire qui en est la véritable colonne vertébrale. Cette politique est assumée par les départements thématiques et par une gestion technique des documents, mutualisée et centralisée, cela va sans dire.

Les départements sont les suivants :

  • Arts
  • Langues et littératures
  • Sciences et techniques
  • Sociétés et civilisations
  • Musique et cinéma

La jeunesse, quant à elle est organisée en différents sous-pôles.

Le directeur de la politique documentaire, Jérôme Pouchol, coordonne 60 acquéreurs répartis sur l’ensemble du réseau. Chacun d’entre eux acquiert dans la thématique qui lui est attribuée pour l’ensemble de l’équipement.

Il se trouve que chaque chef de département documentaire est affecté à chacun des sites. Il n’est pas le chef du site, je l’ai dit, il n’y a pas de cette hiérarchie sur site, mais il est le représentant de la direction générale sur le site.

La desserte

Le territoire a plus de 50 km d’amplitude. Le public, dit Yves Cruchet n’est pas mobile, ce sont les documents qui se déplacent, avec un service de navette assez impressionnant. Certains fonds sont mobiles en fonction de besoins temporaires sur tel ou tel site. Les documents sont certes localisés, mais le système permet une réelle fluidité.

A la question de savoir si les nouveaux venus ne craignent pas d’être mangés, il est répondu que les nouveaux acceptent d’être mangés... car ils y gagnent. C’est le côté gagnant-gagnant dont parlait à l’instant Laurent Ronsin. Les bibliothèques souvent modestes, par la baguette magique du SAN, sont bientôt transformées en médiathèques. On quitte certes une collectivité, mais pour entrer dans une nouvelle famille. L’ogre de l’Etang de Berre est donc, tel le Géant de Zéralda [2] , un ogre sympathique.

Aux questions ayant trait au management, il est répondu que toutes les décisions sont prises au sein de l’équipe de direction. Les réunions sont tournantes ; le directeur et son adjoint se déplacent donc de site en site. On obtient ainsi une visibilité qui compense la faible mobilité du personnel entre les différents sites. Le chef de département, qui a obligation de passer au moins deux jours sur son site d’origine, a aussi cette fonction de lien.

La question des élus a été abordée. Il semblait que la Médiathèque semblait être la collectivité à elle seule.
" La collectivité est bien le SAN ", nous a-t-il été répondu.

Qu’en dit le lecteur ?
Il est satisfait ! Par le système de navette, il a accès à l’ensemble de la collection. Aujourd’hui, on s’achemine vers la mise en œuvre d’un automate de prêt, couplé à un RFID [3], Le personnel sera ainsi entièrement dédié au renseignement.

Et pour finir : quels sont les rapports avec la BDP des Bouches-du-Rhône ? Ils sont actuellement pratiquement inexistants. Mais Yves Cruchet tire du débat de cet atelier une leçon : nous nous posons les mêmes questions et faisons donc le même métier.

Notes

[1] Note de l’éditeur : " En principe, un syndicat d’agglomération nouvelle a vocation à disparaître à la date à laquelle les opérations de construction et d’aménagement de l’agglomération nouvelle sont considérés comme terminés. " voir sur ce sujet :http://www.courrierdesmaires.com/intercommunalite/t2_chap6/section4.htm, notamment : VII - la transformation éventuelle du SAN en communauté d’agglomération.

[2] Le géant de Zéralda est un album pour enfants écrit et illustré par Tomi Ungerer et publié à l’École des loisirs.

[3] Note de l’éditeur : système d’identification à radiofréquences. Remplaçant les codes à barres, il facilite les opérations de prêt et éventuellement la protection contre le vol.