Formation du réseau, développement des espaces publics numériques (EPN)

Synthèse de l’atelier assurée par Amandine Jacquet (BDP 26)

Intervenants

Marianne Baudouin, (BDP 33)
Catherine Passerieux et Olivier Dutart, (BDP 24)
Cécile Monier-Guine et Amélie Caillaud, (BDP 85)

Atelier modéré par Didier Guilbaud (BDP 37) , rapporté par Amandine Jacquet (BDP 26)

 

Origine des projets :

À l’origine du projet en Vendée, il y avait la volonté des élus « de placer la Vendée au cœur de la révolution numérique ».

En Dordogne, un constat dénombre 55 points d’accès à Internet sur les 250 points de desserte (bibliothèques, dépôts…) de la BDP, pas vraiment organisés et souvent en milieu très rural, avec un besoin de renforcer le maillage et de le rendre plus égalitaire. Certains points comptent 17 postes informatiques et d’autres, seulement un seul avec un accès à Internet mais sans formation.

En Gironde, à la suite d’un audit, en 2003, il a été souligné une faible professionnalisation du réseau et une offre de services très inégale notamment en TIC [1].

- Structures mises en place :

En Vendée, 2 cédéthèques existent actuellement, 6 sont prévues à terme. Elles sont départementales mais ouvertes au public et elles ont recruté des personnels sur un profil « animation multimédia », car ces espaces publics numériques font énormément de formation pour le public et pour les bibliothécaires.

En Dordogne, 2 animateurs multimédias ont été recrutés dont l’un est également webmestre. Ils se sont dotés d’outils : un site et un blog qui met en valeur les blogs des bibliothèques du réseau avec un système d’actualisation. Pour la formation, ils ont réalisé des tutoriaux très complets, également accessibles sur le site.

En Gironde, un groupe de travail a été créé dans le cadre de la direction Culture et Citoyenneté, groupe de travail qui n’inclut pas que des bibliothèques. Un travail avec des partenaires institutionnels comme la région, les territoires, les communautés de communes, les communes et les pays. Le maillage de tout le territoire est en cours par le syndicat mixte Gironde numérique afin qu’il n’y ait plus de zones blanches.

- Les financements :

En Vendée, le conseil général donne 50 % du montant HT du matériel et des logiciels, si l’accès Internet est public.

Pour la Dordogne, c’est un apport de 30 à 40 % du matériel HT.

En Gironde, des demandes de subventions ont été montées pour des fonds européens (successivement FSE et FEDER) et 200 000 € ont été investis dans la formation pour Sapiens 1 (dont 50 % payé par le FSE) et des aides au fonctionnement (notamment pour l’aide à l’emploi) ont été mises en place, sur une durée de 8 ans, dans le cadre de Sapiens 2.

- Les profils :

En Dordogne, être bibliothécaire-formateur en TIC ou animateur multimédia nécessite une sérieuse formation mais fait partie du métier de bibliothécaire.

En Gironde, animateur multimédia est un métier à part, un nouveau métier, et le bibliothécaire est considéré comme en appui pour l’apprentissage des TIC.

En Vendée, être formateur en TIC fait partie du métier de bibliothécaire.

- Les publics des formations qui se déroulent dans les EPN :

En Vendée, ce sont à la fois les usagers des cédéthèques et les bibliothécaires bénévoles et salariés du réseau.

En Dordogne, ce sont uniquement les bibliothécaires salariés du réseau pour les bibliothèques informatisées qui ont déjà un projet concret et les bibliothécaires de la BDP.

En Gironde, il y a eu 2 programmes : Sapiens 1 a formé un peu tout le monde (bibliothécaires salariés et bénévoles, les bibliothécaires réseau et hors réseau, les bibliothécaires référents de la BDP, les animateurs multimédia type cyberbase et les élus) ; Sapiens 2 concernait les bibliothécaires salariés du réseau, les bibliothécaires référents et les animateurs multimédia.

- Les contenus :

En Vendée : découverte de l’ordinateur, bureautique, Internet, courriel (initiation) ; sujets identiques + traitement de l’image (perfectionnement)

En Dordogne, la formation initiale est obligatoire pour les bibliothèques qui veulent ouvrir un EPN : découverte de l’ordinateur, droits et devoirs, charte… La formation continue est également ouverte aux agents de la BDP : création de sites, de blogs, traitement de l’image, multimédia pour les tout-petits… Des ateliers sont proposés comme La chasse aux trésors, pour les enfants, Passe ton web, pour les ados, Littérature et SMS, pour les ados et les adultes, et Sécuriser son ordinateur, pour les adultes.

En Gironde, dans le cadre de Sapiens 1 il s’agissait plutôt d’une discussion autour des enjeux, « discuter ensemble de ce qu’Internet change sur les territoires, dans le métier de bibliothécaire, dans les besoins des usagers ». Cela a permis aux bibliothécaires et aux animateurs de cyberbases de se rencontrer et de recenser les besoins qui sont à l’origine des formations dans Sapiens 2 : créer son mail, son blog, accueillir des publics handicapés, la e-administration, créer sa webTV…

- Questions et remarques des participants à l’atelier :

« Cela prend beaucoup de temps ».

« Doit-on seulement concentrer nos efforts de formation sur les bibliothécaires salariés ? »

« Ce serait bien de mettre les tutoriaux de la Dordogne dans la boîte à outils de l’ADBDP ».

L’importance du travail avec et autour des EPN, c’est mutualiser les expériences et les outils, prendre en compte les ressources locales, les valoriser, les utiliser en réseau cohérent, répondre aux difficultés rencontrées par les professionnels et aménager le territoire (maillage, développement du réseau, etc.). C’est aussi la recherche de sens, favoriser l’intégration des populations et des territoires vis-à-vis des TIC, structurer et organiser le réseau, permettre des pratiques citoyennes et culturelles de qualité (la bibliothèque est perçue comme un lieu de vie et un instrument de lien social).

Enfin une interrogation sur les EPN et l’aménagement du territoire : tout s’accorde à dire que les EPN sont un très bon levier d’égalité territoriale et d’aménagement du territoire mais il semblerait qu’on parte toujours de l’existant et des possibilités de le développer alors qu’on pourrait, à l’inverse, planifier dans l’autre sens (en investissant nos efforts dans les zones où il n’y a rien afin de mettre quelque chose en place).