Allocution de Didier Guilbaud

Didier Guilbaud, président de l’ADBDP

 

Je vous souhaite la bienvenue pour ces nouvelles journées d’étude et je salue monsieur le Vice-Président du Conseil général, monsieur le Directeur régional des affaires culturelles, monsieur l’Inspecteur général des bibliothèques, monsieur le Chef du service Culture, Éducation, Jeunesse, Sport de l’Assemblée des départements de France (ADF), mes chers collègues et surtout amis.

Nous sommes ici, dans les Vosges, grâce à Corinne Sonnier qui a œuvré pour nous accueillir de manière efficace et ce n’est que le début de la partie immergée de l’iceberg.

C’était important pour nous – nous en avions discuté en assemblée générale l’an dernier – de venir dans les Vosges car les BDP n’existent pas uniquement à côté des lignes TGV.

Pour moi, venir dans cette région est aussi un symbole car c’est dans celle-ci, à Metz, que j’ai commencé ces 6 années de présidence alors que je céderai ma place à l’occasion du prochain conseil d’administration. Je voudrai aussi évoquer les Vosges que je connais depuis un certain nombre d’années car j’y avais rencontré Albert Ronsin, professionnel qui a beaucoup compté et qui nous a malheureusement quitté cette année.

Parmi nous, des collègues nouveaux (notamment dans le Midi) alors que d’autres sont partis (je pense plus particulièrement à Françoise Danset qui nous a accueillis l’an dernier à Marseille durant les derniers mois de son activité professionnelle et à Pascale Felizat-Chartier, directrice de la BDP 28, qui a choisi d’émigrer au Québec où elle occupe, depuis le mois de mai, les fonctions de directrice adjointe du Centre régional des bibliothèques publiques – CRSB de Monterégie).

L’activité de l’ADBDP a été marquée par un certain nombre d’événements dans le prolongement de l’assemblée générale de l’an dernier. Nous avions préconisé la préparation de ces journées d’étude où, notamment à la suite du séminaire de directeurs, il était apparu la nécessité d’engager la discussion sur l’organisation des BDP dans le cadre nouveau de la territorialisation. Nous avions également évoqué l’organisation de 2 journées sur le web 2.0 – qui ont eu lieu à Tours – et l’organisation de rencontres avec des nouveaux collègues – qui se sont faites notamment dans le Midi – pour donner du sens à l’adhésion à l’ADBDP. Si nous avons voulu ouvrir largement notre association à tous les personnels des BDP (et nos journées d’études rassemblent bien au-delà des seuls directeurs), il faut veiller néanmoins à maintenir le sens de notre association qui est une association de directeurs.

Dernier point, extrêmement important dans l’activité que nous avons menée – et qui a pris de l’ampleur depuis le mois de mars –, le rapprochement avec l’ADF qui est l’association des présidents des conseils généraux. Notre association, désormais territorialement bien ancrée auprès des conseils généraux, ne pouvait pas ne pas travailler avec l’ADF. C’est chose faite et symboliquement nous tenons maintenant nos réunions de conseil d’administration dans les locaux de l’ADF et, à la suite d’un proposition de son Président des affaires culturelles, nous avons commencé à travailler ensemble sur les questions de la lecture publique.

Nous avons vécu cette année des changements politiques importants. Nous avions pensé inviter le Président de la République (qui serait peut-être venu), nous n’avons pas osé mais avons invité la ministre qui nous a écrit une aimable lettre en nous disant qu’elle transmettait l’invitation au Directeur du livre qui ne nous a pas répondu. C’est dommage car nous avions l’habitude d’accueillir ici, lors de nos journées, les directeurs du livre, nous les avons tous accueillis sauf l’actuel qui n’a jamais répondu à nos courriers.

Cette année a été marquée par deux grands événements :
- le rapport Barluet pour lequel il n’y a pas eu de concertation avec notre association même si certains collègues ont participé aux travaux ;

- des inquiétudes sur l’avenir de la Direction du livre et de la lecture (DLL) : même si nous ne sommes plus aussi intrinsèquement liés à la DLL par le cordon ombilical de fonctionnaires de l’État (que nous ne sommes plus maintenant ou que nous n’avons jamais été pour un certain nombre d’entre nous), la disparition évoquée de la DLL pose des questions et accentue l’interrogation sur les projets à venir. Qu’en sera-t-il de la loi sur les bibliothèques (dont on parle déjà depuis 1987 et qui est à l’ordre du jour dans nos instances depuis 5 ans) ? Qu’en sera-t-il de l’Observatoire de la lecture publique, évoqué dans le rapport Barluet ? Qu’en sera-t-il des médiathèques de proximité et quelle sera la position de l’État ?

Le thème de nos journées est l’organisation à l’épreuve de nos territoires. Ce sont 2 choses à la fois différentes mais qui se rejoignent obligatoirement et, comme l’indique le chapeau introductif au programme, les BDP ne pouvaient échapper au mouvement global de la territorialisation dans les conseils généraux qui a souvent commencé (ou s’est déjà affirmé) par les services sociaux. Comment les BDP qui ont une action territoriale forte sont engagées dans ces modifications structurelles de territorialisation ? Quelles sont les implications de ces modifications en terme de services et en matière de transversalité au sein des conseils généraux ?

Un des points forts de notre programme est son ouverture à des regards extérieurs, le point de vue de personnalités ou d’universitaires qui nous apportent une contribution plus générale. C’est pourquoi nous aurons en ouverture la vision d’un géographe, auteur d’un excellent ouvrage sur la cartographie territoriale dans le domaine social et, grâce à l’activité de collègues dans le secteur social, nous avons pu inviter un universitaire de Strasbourg qui évoquera la territorialisation du côté du social.

Quelques autres aspects importants de ces journées d’étude : le débat interne sur nos « affaires » professionnelles par des ateliers qui auront lieu demain matin, un espace de discussion avec les institutions (la DRAC, l’Inspection générale des bibliothèques et la représentante de la DLL) et le séminaire des directeurs qui sera ouvert cette année aux directeurs adjoints.

Lors de l’assemblée générale, nous aurons l’occasion de débattre des orientations de l’association pour l’année à venir et nous renouvellerons le Conseil d’administration pour lequel je lance un appel vibrant à candidatures.

Pour conclure, j’espère que ces journées d’étude ne seront pas trop troublées par la grève SNCF de mercredi et je vous remercie cordialement d’être venus à ces journées d’étude et d’avoir fait, aussi nombreux que les années précédentes, le chemin jusqu’à Vittel.